Le Geek Moderne

Death Stranding Entre Haine et Extase

Death Stranding, un jeu pas comme les autres, adoré par certains, détesté par les autres. Avec lui, c’est tout ou rien. Et je vais vous faire comprendre pourquoi en vous livrant ce que vous ressentirez à coup sur en jouant à ce jeu.

Une multitude d’émotions autant positives que négatives. Vous allez vivre mon expérience vécue après quelques heures de jeu, promis sans spoils. Je ne referais pas le test déjà présent sur le site. Je vais vous expliquer pourquoi vous allez aimer ou détester. On reprend dans une base sécurisée au moment de prendre les nouvelles livraisons.

Allez Sam prépare toi bien !

Je suis dans l’abris, juste devant le moniteur permettant entre autre de prendre les missions de livraison. Je regarde la liste des livraisons possibles. Il y en a deux qui ont la même destination. Un bunker dans les montagnes entouré d’éoliennes. Parfait. Distance, environ 800 mètres (alors oui dans ce jeu on doit quand même reconnecter tel un agent d’installation de la fibre optique, la côte est à la côte ouest des ex États-Unis, et 800 mètres parcouru dans le jeu doit bien en faire l’équivalent de 800 kilomètres sur la carte du jeu comparée à la réalité). Il y a un gars qui m’explique qu’il veut ses colis, qu’il veut être connecté à la fibre, OK OK OK ta gueule t’es chiant. Valide. Valide. Voilà. Je prends les colis, je me prends deux échelles portatives, deux cordes pour descendre en rappel et une imprimante 3d portable pour me créer un pont de 28 mètres de long, on sait jamais si je dois franchir une rivière un peu trop large (retenez bien ça, une rivière un peu trop large) et c’est parti. Retour au jeu.

Et là je vois bien 1m40 de colis qui dépasse au dessus de la tête de Sam. Pas un souci, je suis un killeur. Je tente de me retourner en direction de la sortie, bien sûr, je perds l’équilibre en plus de marcher à deux à l’heure. Je mis attend tellement pas que je suis à la limite de me ramasser la tronche.

Quand tu veux vraiment ne faire qu’un seul voyage

Bon direction le menu des colis, histoire d’arranger ce bordel. Kilo porté : 155kl pour une limite de 135. OK déjà c’est la merde. J’ai 8 colis à ramener chacun pesant 5kl. Peu pas les enlever. Bon je vais stocker une échelle et une corde. Je garde l’imprimante 3d. Je vire les ressources pour la construction d’un éventuel pont, j’en trouverais bien en chemin dans un relais (👉👌). C’est bon 100kl tout pile. On va aussi baisser la hauteur de la pile en la dispatchant un peu. Un colis sur chaque bras, un sur chaque jambe, l’échelle accroché sur le côté du porte colis. La vessie pleine. OK je suis bon cet fois. Retour au jeu. Ça fait 30mn que j’ai accepté la mission et j’ai pas fais un mètre encore 😱.

Je me tourne vers la sortie du bunker, je commence à courir. Ça va, l’équilibre est mieux maîtrisé même si je dois le rectifier lorsque je change de direction un peu trop brusquement. Rien d’insurmontable. J’arrive en haut du bunker, le ciel est dégagé, ça annonce une belle balade. Je me tourne vers le nord et regarde à la long vue histoire de marquer mon objectif. Le relay se trouve vers ces montagnes là-bas à 836 mètres et 75 mètres d’altitude, ça va, j’y serais vite…..

Alors Sam, Tu Cours ?

Je me met à courir. Je me traîne un peu, je dois fréquemment réajuster mon équilibre, c’est déjà fatiguant pour mes doigts. Je sent que ça va être long ces 800 mètres. J’active mon radar qui me montre entre autre plein de petites croix jaune et rouge au moment où je pose mon pieds sur une rouge qui est en faite un cailloux et je trébuche, penché en avant dans un angle impossible, j’attrape mes lanière et avec une chance de cocu, j’arrive à me redresser au dernier moment. Gros stress, le bébé sur mon ventre chuine (oui, on trimbale un bébé dans une capsule sur son ventre pour ceux qui l’ignoraient encore) et moi, joueur, ai le cœur qui s’est un peu emballé.

C’est rien bébé, calme toi !

Alors je commence déjà à psychoter. Ai-je eu raison de prendre deux missions ? Surtout qu’une seule est prioritaire. Et c’est cette secondaire qui me fait porter tous ces colis de merde qui me font perdre l’équilibre. Je regarde derrière moi, refaire ce trajet contraire, avec ces contraintes de déplacement, retourner au terminal et me retaper toutes ces minis scènes à la con qui rallongent encore tout ce qu’on fait juste pour annuler la mission, non. Je suis un joueur merde, je me suis fais Sekiro (qui entre nous est kiffant dès le début, lui), alors je vais pas baisser les bras pour si peu.

Ouai, facile, c’est juste là-bas… si, c’est pas si haut… si, tranquil

Du coup je repars en direction des montagnes. Je commence à bien gérer l’équilibre avec les gâchettes. J’évite les obstacles et me sécurise souvent en attrapant les lanières. Je progresse. J’ai bien fait 120 mètres. Le terrain descend vers une rivière. Je me dirige vers l’endroit où les deux rives sont le plus proches. Arrivé devant, je scanne pour voir qu’il y a bien 1 mètre qui vont être dangereux à passer. J’ai une échelle. Je la sort mais elle n’atteindra pas l’autre rive, fait chié. Je la range dans mon paquetage puis je me décide à continuer, ça va le faire. Je m’engage dans l’eau et tout de suite le courant est bien plus fort que je ne pensais, me faisant perdre l’équilibre. J’attrape mes lanières tout en avançant, j’arrive au centre de la rivière, là où le courant est le plus fort, mais cette rivière fait bien 6 mètres de large. Mon endurance est pratiquement épuisée et je suis seulement au milieu. Encore un petit mètre et je suis dans le rouge, le courant m’emporte, mes colis arrachés de mon dos. Je m’approche de l’autre rive, mon endurance remonte, je cours après mes colis, les rattrapent in extremis pour les remettre sur mon dos, mon endurance se remet déjà à baisser le courant me fait dériver, mais j’arrive à la limite sur l’autre rivage, les doit écrasés sur les gâchettes de la manette, le souffle court. Je reprends mes esprits, tournant mon regard vers le chemin que je suivais vers les montagnes en face de moi…… mais qui se trouve maintenant à ma droite, bien 100 mètres plus loin. Quel merde, j’ai dérivé bien plus que je ne pensais.

Je me décide à repartir en direction des montagnes, mais en scannant mon objectif, je réalise qu’il se trouve derrière la montagne que je m’apprête à grimper, je n’avais pas réalisé au début. Bref. La montée est plutôt tranquille, le chemin est limite balisé. Mais voilà un coup de tonnerre, c’est jamais bon signe. Il se met à pleuvoir, ça ce n’est vraiment pas bon, ma capuche se rabat sur ma tête pour me protéger de cette pluie qui, si elle me touche me ferait vieillir immédiatement. Je continue à courir, lentement, vers le sommet du chemin mais voilà que le vent se lève et me fait limite tomber. Il a de l’emprise sur mon paquetage mais je n’ai pas le temps de m’arrêter, la pluie est en train de détruire les caisses qui contiennent les marchandises. J’en profite pour regarder leur état et là je me rends compte que ma chute dans l’eau tout à l’heure les a endommagé à 15%. Si je les abîmes à 50% la mission est ratée et c’est game over. Du coup je me mets à stresser et je sprint comme je peux jusqu’au sommet (c’est complètement con d’ailleurs vu que ça ma flingué un peu plus d’endurance mais ça j’y ai même pas prêté attention).

Enfin le sommet. De l’autre côté ça descent dans une forêt bien bordélique et touffue. Mon objectif est à 467 mètres. Je vois les éoliennes. J’arrive bientôt. Je fais un pas et là, tout se ralenti, la pluie s’amplifie et devient noir comme du goudron, mon bébé s’éveille et le détecteur d’échoué s’active, la dégradation des caisses de protection de marchandise s’accélère. J’y vais, le cœur cognant fort et vite d’un coup (en vrai et surement dans le jeu aussi ou alors c’est juste moi).

AlOrs SaM, Tu gALEreS ?

Bip, c’est la croix jaune là

Je commence à descendre, le détecteur (on va l’appeler « Bip ») se tourne dans tous les sens, je lance un scanne mais ne voit rien. Je m’accroupie pour faire moins de bruit. Bip se met à tourner extrêmement vite, je m’arrête tout en scannant et je remarque avec horreur qu’un échoué flotte au-dessus de moi à seulement 3 mètres. Je retiens mon souffle, il disparaît de ma vue, je commence à le contourner par la droite, j’ai presque plus de souffle, je suffoque, je dois respirer, pas le choix, j’inspire, mais je suis assez loin, il ne m’a pas vue. Mais déjà Bip s’excite de nouveau, un autre flotte sur ma droite à 5 mètres environ, et j’en aperçois bien cinq supplémentaire plus bas dans la forêt. Je retiens mon souffle, je contourne par la droite et fait une grosse boucle afin de continuer à avancer vers l’objectif, mais ça me fait remonter le versant droit de la montagne. Bip se calme un peu. C’est raide, je tiens mes lanière depuis tout à l’heure afin d’être stable le plus possible. Mon endurance en prend encore un coup, toujours sans y prêter attention, trop focalisé sur mon objectif, mon équilibre, les échoués sur ma gauche, ma marchandise qui rouille à vue d’œil. Au final un enchaînement de petites erreurs qui ne pardonnent pas.

La pente trop raide, les lanières bien tenues et voilà que d’un coup ça hurle, une alarme, mon endurance est dans le rouge, je trébuche et je glisse 15 mètres plus bas, mes marchandises volent encore une fois autour de moi.

T’as gueule, c’est pas le moment là !!!!!

Bip tourne très vite, bébé pleure et est à la limite de cesser de fonctionner. Mais le pire, c’est qu’on m’a entendu. Pendant que je me relève et récupère une partie de mon endurance ainsi que mes marchandises qui à coup sûr on encore morflées, je vois à 8 mètres de moi sur le sol des traces de mains qui se rapprochent de la source du bordel que je viens de faire. Tant pis, j’attrape les lanières, je retiens ma respiration et je fonce accroupi vers les éoliennes. Les traces de mains s’arrêtent 5 secondes plus tard là où je m’étais écroulé mais je suis déjà hors de porté. La pente commence à descendre, les arbres se font de plus en plus rares, la pluie redevient clair. Je me relève et commence à courir en me laissant emporter par la pente mais je gère, j’évite à la vue obstacles et cailloux.

Le soleil refait surface, Bip se repli, bébé est heureux et pousse un gazouillis tout mignon. Et là, la caméra s’éloigne un peu de Sam, une chanson magnifique commence avec le nom de l’artiste qui s’affiche sur l’écran, c’est un pote à Kojima, c’est écrit. Le soleil fait de superbes reflets, le refuge n’est plus qu’à 50 mètres devant moi et le danger loin derrière moi. J’ai réussi. Encore quelque mètres. Puis je pose mon pied sur un caillou que je n’avais pas vue, aveuglé par le bonheur de la réussite de mon expédition, surchargé comme je l’étais, les sangles toujours tenues. Mon endurance en profita pour s’effondrer au même moment, me faisant perdre l’équilibre et me ramassant la tronche par terre comme une merde, éparpillant encore mon matos, flinguant pour de bon un colis de ma livraison secondaire à 10 mètres de l’objectif. La principale, heureusement a été livrée intacte mais avec un goût très amer dans la bouche.

Extase et Haine (de moi ? de Kojima ? du monde ?) De moi car je me suis rappelé après coup que j’avais emporté de quoi fabriquer un pont, une corde pour descendre en rappel et une échelle…………….. Haine de Kojima pour me l’avoir fait oublier si facilement grâce au stress de la première vrai épreuve du jeu !!!

Mon ressenti

Après encore 25 heures de jeu en plus, le jeu répète inlassablement les mêmes procédés afin de nous stresser puis de nous rendre fière de nous-même après avoir couru sur 2 kilomètres (ce qui dans ce jeu est vraiment immense quand on voit sur la carte la distance que ça nous fait parcourir). Il rajoute aussi d’autres soucis différents des échoués mais pas très intéressants. On peut dire que c’est le Dark Soûls des jeux de simulation de Forrest Gump en livreur UPS à pied dans un monde cerné par la mort et les fantômes (mais Dark Soûls c’est mieux).

Qui a pompé sur qui ? Kojima ou l’autre ?

Chaque fois qu’on relit un refuge au réseau, on récupère de nouvelles possibilités pour faciliter nos déplacements, jusqu’à casser le gameplay de base du jeu à la fin. Mais si vous êtes comme moi à détester faire des allers retours et tourner en rond dans la vraie vie alors vous ne réussirez pas à enchaîner toutes les livraisons annexes qui vous feront faire un milliard d’allers retours dans les zones déjà explorées. Moi j’y arrive pas, ça me donne envie de rage-quitter direct. Il faut aussi faire avec des scènes de discutions très chiante avec les habitants de abris, une Léa Seydoux qui fait du Léa Seydoux, donc elle joue mal et on se demande quand elle crèvera. Et bien sûr des cinématiques made in Kojima ultra impressionnantes et très très très très longues pour certaines (dont la dernière, un vrai film).

MA NOTE

Un bon Forrest Gump feat Delivroo/20.

Allez cours Forrest (Sam ?), coooouuuuuuuurrrrrrrssssssss

Death Stranding. Une œuvre d’auteur unique qui chamboulera ceux qui la tenteront, en bien comme en mal. Mais avec de vrais problèmes de gameplay, des lourdeurs et une mise en scène aux fraises pour nombre de dialogues devenant insupportables au point de vouloir les zapper, on ne peut pas dire que c’est un chef d’œuvre parmi les jeux vidéo. C’est surtout l’œuvre la plus intime et personnel de Hideo Kojima avec un casting cinq étoiles à en faire rougir nombre de cinéaste et tous ses potes. Un jeu qui se regarde un peu trop le nombril, voir plus bas encore.

NDLaurent : Vous pouvez aussi retrouver mon test de Death Stranding ici pour vous faire votre propre opinion.