Death Stranding : le nouveau chef-d’œuvre de Kojima ?

Sorti le 8 novembre dernier sur Playstation 4, Death Stranding marque le grand retour aux affaires de Hideo Kojima. Pas un chef-d’œuvre, mais pas loin ! Sorti le 08 octobre dernier

Synopsis

Après un mystérieux événement surnaturel nommé Death Stranding, l’humanité est réduite à quelques dizaines de milliers d’individus et se terre dans des abris, la Terre étant désormais hantée par des créatures spectrales. Sam Porter Bridges voyage dans ces terres hostiles pour livrer vivres et appareils à cette population enterrée.

Une direction artistique de haute volée

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Hideo Kojima a un sens toujours aussi aiguë du design. Death Stranding profite d’une direction artistique de haute volée. L’ambiance post-apocalyptique est très réussie, et les USA sont vraiment crédibles. Plus encore que sur un Metal Gear, on sent que c’est un monde gris que Kojima imagine quand il pense à notre futur. Tout sent l’échec de l’Humanité face à ce grand défi qu’est l’union face à l’extinction. Seuls quelques bâtiments ont survécu, dont les locaux de Bridges et ceux de Fragile. Mention spéciale à La Grève et aux Échoués, dignes des meilleurs films de SF.

Death Stranding en grève
C’est la grève dans Death Stranding

Une technique dans la moyenne

D’un point de vue purement technique, Death Stranding est beau. C’est un fait. Mais, clairement, il n’est pas le plus beau jeu de l’année. On sent que, pour pouvoir donner vie à cet univers, Kojima a dû faire des choix. Et nul doute que la version PS5 saura apporter des textures plus fines et mieux lissées. C’est le prix à payer pour atteindre une grande distance d’affichage, un popping limité et un framerate très bon. Pour autant que je me souvienne, sur Death Stranding je n’ai jamais été confronté au moindre bug. Le son est aussi très bien géré. La spatialisation vous aidera grandement quand vous devrez repérer les Echoués.

Death Stranding Interface
L’interface du menu du jeu

Un manque criant d’accessibilité

Voilà ce qui est, pour moi, l’un des principaux défauts de Death Stranding. L’intégralité des textes inclus dans ce jeu sont illisibles si on se place à plus d’un mètre cinquante de la télévision. C’est donc encore plus vrai si on est légèrement myope. Et passer près de 70 heures le nez collé à une tv pour jouer à un jeu, en 2019, c’est inacceptable. Autre problème, le gameplay n’est pas fait pour les personnes ayant des soucis articulaires. Death Stranding nécessite très souvent de maintenir une ou plusieurs combinaisons de touches pour avancer, se maintenir en équilibre, etc. A titre personnel, étant atteint de fibromyalgie, j’ai fini le jeu avec de multiples contractures dans les mains. Là encore, en 2019 ce n’est plus possible. Il faut donc espérer que Playstation et Kojima Production prendront rapidement des mesures pour résoudre rapidement ces problèmes.

Un gameplay clivant

Hideo Kojima a choisi de baser Death Stranding sur le principe des quêtes « FedEx », mais en poussant le vice encore plus loin. Le personnage principal est un livreur, et la quasi-intégralité du jeu est basée sur la livraison de commandes diverses et variées. Et le côté répétitif est inévitable, encore que la plupart des missions amènent leur lot d’imprévisibilité. Ce principe étant au coeur de Death Stranding, le jeu plaira ou déplaira, mais il ne laissera pas indifférent. Pour ma part, ça ne m’a pas gêné car le scénario est vraiment prenant. Et j’ai beaucoup aimé me balader dans cette version des USA. Aussi, le lien avec le Brise-Brouillard est assez intéressant, bien travaillé, tant en termes de fonctionnalités qu’en terme scénaristique. A vrai dire, un lien se crée très rapidement et impacte fortement votre expérience.

BB dans Death Stranding
Un Brise-Brouillard

Pour conclure

Au bout du compte, j’ai vraiment aimé aller au bout de Death Stranding. Il porte fortement la marque du grand Hideo Kojima. Son aspect clivant et ses problèmes d’accessibilité le priveront peut-être de ce qui aurait dut etre son véritable destin. Mais ce conte philosophique vidéoludique ne laisse pas indifférent, et nulle doute qu’une éventuelle suite permettra à Death Stranding de développer son plein potentiel.

Verdict : très bon jeu.

Death Stranding n’est pas le chef-d’oeuvre tant attendu, mais il est tout de même une masterpiece dans la ludographie du maître Hideo Kojima. Si vous ne le faites pas, vous passerez à côté d’une belle expérience.

Laurent

Musicien, passionné de jeux vidéo et de cinéma fantastique.

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