Le geek en 2017 : adieu les clichés !

Loin du boutonneux binoclard qui reste coincé derrière son ordinateur, le geek a beaucoup évolué en quelques années. Jusqu’à devenir extrêmement populaire et courtisé. 

D’aussi loin que je me souvienne, le geek a toujours été traité comme un marginal, parlant un langage incompréhensible pour les non-initiés et passant le plus clair de son temps collé à l’écran de son ordinateur. En fait, c’est une vision extrêmement réductrice et péjorative. Essayons de faire un peu la lumière sur ce qu’est vraiment un (ou une) geek.

Le problème vient du fait que les gens ont tendance à amalgamer plusieurs types de personnes : nolife, nerd, geek et technophile. Pour faire simple, le nolife est une personne qui consacre l’intégralité de sa vie à sa passion, à tel point que cela constitue une addiction au même titre que la drogue. Le nerd (terme péjoratif) est passionné par des sujets scientifiques ou technologiques, mais cette passion le rend asocial, dénigrant les domaines qui ne l’intéresse pas, et privilégiant exclusivement la culture de l’esprit à celle du corps. Et le technophile est tout bonnement un passionné de technologies diverses et variées.

Reste donc à définir notre bon vieux geek… J’ai envie de dire que le geek est pluriel. C’est vous, moi, le voisin… Depuis 10 ans la culture geek a envahit notre quotidien et nous sommes tous plus ou moins geek. Les plus traditionnels d’entre nous sont passionnés par tout ce qui permet à l’imagination d’entrer en jeu, de près ou de loin. Cinéma, jeux vidéo, bandes dessinés, technologies… Et même la mode s’y met puisque ceux d’entre nous qui se baladent dans la rue en étant bien habillés, avec originalité, et en écoutant le dernier titre de Justin Timberlake sur leur iPhone ou leur Galaxy S7 sont officiellement qualifiés de hipsters.

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Les pontes de la communication et les grandes multinationales ont même fait du geek un « lead user », c’est à dire un consommateur ayant une influence suffisante pour encourager les autres à acheter un produit, un service, pour recommander un film, un album, etc… Parfois même le geek est suffisamment influent pour modifier le produit en lui-même. Ceux d’entre vous qui jouent aux jeux vidéo se souvienne sans doute de l’affaire Mass Effect 3. Sur les 16 fins annoncées, Bioware n’en a réellement proposée que 3 qui étaient presque identiques, générant énormément d’incohérences scénaristiques et laissant trop de questions sans réponses alors que cet opus devait clore la trilogie. S’ensuivit une bronca mondiale des fans de la saga, s’étalant sur plusieurs milliers de pages sur les forums, réseaux sociaux et sites officiels. Ce mouvement obligea Bioware à mettre en ligne, moins de 3 mois après la sortie du jeu, un contenu supplémentaire de plusieurs giga-octets pour énormément approfondir les différentes fins et répondre à toutes les questions des fans. Un développement de dlc imprévu qui, selon mes sources, aurait coûté quelques millions à l’éditeur du jeu. 

Le geek et les jeux vidéo

Grande histoire d’amour s’il en est ! Je me souviens que, quand j’étais gosse, avec mes copains gamers on se retrouvaient en petit groupe dans la cour de l’école pour parler du dernier Killer Instinct, de comment finir le nouveau Final Fantasy ou des horaires d’ouverture de la seul boutique de jeux vidéo de la ville… Boutique qui vendait aussi des composants électroniques et des jeux directement importés du Japon. Aujourd’hui, ce média n’est plus réservé aux seuls initiés, Carrefour a un rayon Jeux Vidéo et les anciennes réunions Tekken sont devenues des compétitions d’e-sport. Et Internet sert de lieu de ralliement. Le geek se fait producteur de contenus liés au domaine vidéo-ludique (et donc influence les consommateurs) et on l’appelle Youtubeur. Il créé son blog et se retrouve dragué par les éditeurs, les fabricants de consoles (si ils nous entendent on est preneurs…).

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Le geek et le cinéma

Star Wars, Blade Runner, Matrix, Le Seigneur des Anneaux, Retour vers le futur ne sont que quelques exemples de films destinés au geek. Pour certains d’entre eux, comme Star Wars, le geek a même participé activement au succès du film en occupant un poste de consultant créé pour l’occasion. Et depuis 2007 c’est encore plus fort puisque Marvel, bien connue pour ses comics, a débarqué sur grand écran en portant ses Avengers. D’ailleurs ce n’est pas innocent si la Maison des Idées a lancée la phase 1 de son MCU en adaptant celui qui est la version ultime du geek : Tony Stark, alias Iron Man. Riche, vivant dans une maison ultra high-tech, celui qui se surnomme Le Mécanicien est un inventeur de génie, l’un des esprits scientifiques les plus recherché au monde. Et, enlevé puis torturé au fond d’une grotte afghane, il construit une armure type exosquelette avec IA embarquée alimentée par un mini réacteur nucléaire implanté dans sa poitrine. Tout cela à partir de quelques restes de missile et un peu d’huile de coude. MacGyver peut donc aller se rhabiller. Et le grand public applaudit. Et devient geek, aussi.

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Et la littérature, bordel ?!

Pour le coup, c’est le domaine qui, globalement, reste en partie destiné aux initiés. Les annales du Disque-Monde, le cycle de Fondation, les Cantos d’Hypérion et autres ne sont pas populaires auprès du grand public. Mais certaines œuvres ont su dépasser certaines frontières. Harry Potter (parce que oui c’est de la fantasy) et ses millions de fans, Game of Thrones et Le Seigneur des Anneaux sont des œuvres au succès planétaire. Mention spéciale à la saga de J.R.R. Tolkien, considérée comme fondatrice de la fantasy moderne, à l’origine des jeux de rôle de plateau comme Dongeons et Dragons. 

Et en 2018 ?

Tout pareil, mais je trouve que certains commencent à devenir surprenant. De plus en plus, on se met à juger les films sur leur bande-annonce, les jeux sur de simples annonces, et certains débats virent au « non mais de toute façon j’ai dit que alors c’est comme ça ! ». Donc veillons à garder l’esprit ouvert et à ne pas trop juger sans savoir. Au pire, discutons-en ! Qu’en pensez-vous ?

Laurent

Musicien, passionné de jeux vidéo et de cinéma fantastique.

2 pensées sur “Le geek en 2017 : adieu les clichés !

  • 31 janvier 2017 à 21 h 06 min
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    Il est vrai qu’à la base le mot « geek » veut dire ringard en anglais, certainement la raison pour laquelle nous sommes tellement mal perçus. Mais aujourd’hui, c’est tellement cool d’être geek : on est l’informaticien génial qui sauve la vie du voisin, on est l’intellectuel de la machine à café qui aide à comprendre et à décrypter les tendances actuelles. Bref, de geek on est passé à « hype ».
    Concernant livre, j’ai pas mal de livres de « thèse » sur le jeu vidéo et la culture geek. Et vous avez oublié de parler des séries, où on voit de plus en pus de geek : The Big Bang Theory à commencer, mais aussi Aby et McGee dans NCIS ou Penelope Garcia dans Esprit Criminel.
    Je crois que vous m’avez donnée l’idée d’un article dossier. Merci et très bien écrit.

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