« Les Seigneurs des Sith » de Paul S. Kemp (roman Star Wars)

Lords of The Sith, ou Les Seigneurs des Sith, est un roman signé Paul S. Kemp, paru en avril 2015 aux États-Unis chez Del Rey et l’année suivante en France (octobre 2016 aux édition Pocket).

Se déroulant 14 ans avant les évènements d’Un Nouvel Espoir, il s’attache en particulier à deux figures très importantes de l’univers Star Wars, à savoir l’Empereur Sheev Palpatine – ou Darth Sidious pour les intimes – et Darth Vader, et la relation qu’ils entretiennent. Il met également en scène d’autres personnages dont les actions auront sur cette relation, ainsi que que l’avenir de la galaxie, un certain impact.

« Le chevalier Jedi Anakin Skywalker n’est plus qu’un souvenir, mort dans les flammes. Dark Vador est né de ses cendres et a embrassé le Côté Obscur. Mais l’allégeance de Dark Vador au Seigneur Sith reste encore à démontrer.
Sur Ryloth, une planète fournissant esclaves corvéables et un stupéfiant très recherché, le Piquant, un mouvement de résistance particulièrement virulent a embrasé la population. Accompagné de son apprenti, Dark Vador, l’empereur Palpatine décide de mater la rébellion personnellement, afin d’imposer et de signifier sa volonté inflexible et sa toute-puissance.
Pour la résistance, c’est l’occasion de porter un coup fatal à l’Empire. »

Comme on le voit à la lecture du résumé éditeur, si le roman est centré sur le maître sith et son apprenti, il y a aussi toute une histoire autour de la résistance sur Ryloth, la planète des twi’leks. Car à l’époque où se passe l’action, l’alliance rebelle n’existe pas encore, et chaque peuple qui tente de résister à l’Empire le fait dans son coin.
Ici nous retrouvons Cham Syndulla, personnage qui apparaissait dans la série Clone Wars et qui s’avère être le père de Hera Syndulla (un des personnages principaux de la série Star Wars Rebels). Il est accompagné par toute une bande, parmi laquelle on trouve Itsval, une ancienne esclave. Tous deux proposent le point de vue de la résistance.

Car le roman s’axe sur plusieurs points de vue. La résistance donc, et cette guérilla qu’elle mène pour libérer la planète envahie, mais aussi celui de l’Empire où tout n’est pas encore parfait. Dans cette machine qui semble implacable il y a encore des dysfonctionnements. Nous suivons notamment la Moff Delian Mors, femme paresseuse et portée sur le Piquant (une épice particulièrement prisée – les épices étant le nom qu’on donne aux drogues) qui délaisse la gouvernance et permet donc à la résistance de s’enraciner, ou encore Belkor Dray, colonel ambitieux qui souhaite prendre la place de sa supérieure.
Enfin, il y a évidemment les deux seigneurs Sith dont les évènements sur Ryloth va permettre de définir un peu mieux la relation qu’ils entretiennent entre eux.

Tous ces personnages et leurs points de vue vont donc se confronter et c’est là la grande qualité du roman : tout s’enchaîne parfaitement sans jamais laissé quelqu’un de côté trop longtemps même s’il est évident que Sidious et Vader sont au centre du récit, notamment le dernier cité.
Il est passionnant de se glisser dans sa peau et ses pensées car nous sommes à une époque où le fantôme d’Anakin Skywalker est encore très présent.
Le roman met en lumière le combat que mène Vader pour se débarrasser des ses souvenirs de jedi, afin d’embrasser pleinement le côté obscur.
Et il est d’autant plus passionnant de voir comme son maître étend sa toile à la fois sur la galaxie mais aussi sur son jeune apprenti, à grand renfort de conseils qui fleurent bon la manipulation.

PaulS. Kemp arrive avec subtilité à susciter de l’empathie pour Vader, tout  comme il arrive à le faire pour Delian Mors ou Belkor Dray. Sidious excepté, tous les personnages sont humains, faillibles même s’ils essaient de sauver les apparences.

Paul S. Kemp

Si ce roman est son premier dans le nouvel univers Canon, l’auteur n’est pourtant pas un inconnu dans la galaxie Star Wars puisqu’il a écrit des titres de l’ancien UE. Notamment une série de livres qui mettait en scène Jaden Korr, le personnage principal du jeu vidéo Jedi Knight : Jedi Academy.

Il maîtrise donc très bien l’univers et cela se sent à la lecture. Que ce soit dans les scènes d’action, efficaces, brutales et parfois très jouissives ; mais aussi lors des joutes verbales entre les personnages. Son talent n’est plus à démontré et il est étonnant qu’on ne l’ait pour l’instant pas retrouvé pour d’autres romans (alors que Lucasfilm aime pourtant réutiliser son « cheptel » d’auteurs).

Toujours est-il que si vous êtes intéressés par la relation Sidious / Vader et la façon dont l’Empire évolue après son avènement dans La Revanche des Sith, ce roman est fait pour vous.

Au travers d’un jeu de dupes et d’une chasse à l’homme où on ne sait plus qui est le chasseur et qui est la proie, Lords of The Sith s’impose comme l’un des titres phare de l’univers Canon.
Un titre qui vous accrochera jusqu’au dernier chapitre, d’une beauté sombre et vénéneuse, comme son tragique antihéros.


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