Saga Assassin’s Creed : Assassin’s Creed 2

En 2009, deux ans après le premier, Patrice Désilet revient avec Assassin’s Creed 2. La copie a été revue, et cet opus est ce qu’aurait dut être le premier. C’est aussi celui qui, à ce jour, reste le préféré des fans de la saga.

La méta-histoire dans Assassin’s Creed 2

La méta-histoire reprend là où nous l’avions laissée deux années plus tôt. Desmond fuit les locaux d’Abstergo avec l’aide de Lucy Stillman, après avoir fait un bref passage dans l’animus pour assister à la naissance d’Ezio Auditore. Ils arrivent à la planque des assassins, et Lucy explique à Desmond pourquoi il doit se battre à leur côté, et la nécessité d’acquérir les aptitudes de son ancêtre grâce à l’effet de transfert. Il fait aussi la connaissance de Rebecca, en charge du bon fonctionnement de l’animus, et Shaun, historien. Lors de ses sessions dans l’animus, Desmond va revivre la vie d’Ezio Auditore.

Ezio Auditore.

Mais qui est Ezio ? C’est un jeune noble florentin, dont la famille a fait fortune en gérant de grosses sommes d’argent. Proches des Medici, on peut dire, en résumé, que les Auditore étaient des banquiers. Ils ont pour ennemis direct les Pazzi. Mais la famille d’Ezio fût victime d’une conjuration, et son père ainsi que ses frères furent arrêtés. Après avoir découvert une étrange tenue dans le bureau de son père, il assista au procès, visiblement truqué, et ne put empêcher l’exécution de Giovanni, son père, Federico, son frère ainé et Petruccio, son petit frère. Ivre de colère, et motivé par la vengeance, il quitta Florence avec sa mère et sa sœur, pour se rendre chez son oncle Mario à Monteriggioni. Là-bas, il apprit que sa famille appartenait à la confrérie des assassins. Et que lui aussi allait devenir l’un des leur. Il fut formé par son oncle, et commença un périple de 20 ans. Pendant son voyage, il se vengea des Pazzi à Florence et à San Geminiano, aida Catherine Sforza à Forli, sauva la vie de Lorenzo Di Medici et traqua les derniers conjurés jusqu’à Venise. Son voyage se termina à Rome, plus précisément au Vatican. Il y trouva le Temple grâce à une carte composée des trentes pages du codex rédigé quelque siècles plus tôt par Altaïr. Il décida de laisser vivre Rodrigo Borgia, au terme d’un combat épique, et dans le sanctuaire il fit la connaissance de Minerve. Elle est l’une des dernières représentantes de la civilisation des précurseurs. Elle expliqua à Ezio qu’il n’est qu’un intermédiaire, et s’adressa directement à Desmond. Elle expliqua que son peuple, bien que bénéficiant d’une technologie extrêmement avancée, ne pût sauver son peuple ainsi que les Hommes car, trop occupés à se faire la guerre entre eux, ils ne se rendirent pas compte que les fréquentes éruptions solaires allaient détruire la planète. Minerve dit à Desmond de chercher les autres temples pour éviter une nouvelle catastrophe imminente. Mais notre héros doit d’abord fuir : dans le temps présent, les templiers, Warren Vidic en tête, ont trouvés la cachette des assassins et ces derniers sont contraints de partir.

Quid du gameplay ?

Le gameplay reprend la base du premier jeu, mais a été étoffé. L’influence de GTA est relativement importante : l’histoire principal est divisée en dizaines de missions, et il existe des quêtes secondaires permettant d’acquérir de l’argent. Cet argent permet d’acheter des armes et armures de plus en plus puissantes, et surtout de rénover la villa Auditore à Monteriggioni. Car les développeurs ont intégré des éléments de gestion. Plus vous restaurez Monteriggioni, plus la somme d’argent que vous gagnerez toutes les 20 minutes sera importante. Et il y a toujours des plumes, des trésors… à noter que les possibilités d’assassinat ont aussi été améliorées : double assassinat simultané, assassinat depuis une hauteur… Au corps à corps, Ezio est plus performant que son ancêtre : coups de tête, coups de pieds, contres dévastateurs, etc… Les ennemis ont aussi évolué : certains pratiquent le parkour, d’autres fouillent les bottes de foin. L’autre ajout important est le système de notoriété. Plus vous vous faites voir, plus la jauge de notoriété se remplit. Pour la faire diminuer, il faut tuer des témoins gênants, soudoyer des crieurs publiques ou encore arracher des avis de recherche.

Voyage en Italie

Géographiquement parlant, c’est une bonne partie de l’Italie que le jeu nous propose de visiter. Partant de Florence, nous traversons les lieux réels tel que Monteriggioni, San Geminiano, la Toscane, Forli, la Romagne, Venise et le Vatican. Bien évidemment, le cheval reste le meilleur moyen de transport, mais on voyage aussi en chariot, et que serait Venise sans ses gondoles ! Nous retrouvons aussi des tombeaux d’assassins à fouiller pour récupérer 6 artefacts permettant de débloquer l’accès à l’armure ultime du jeu.

Et au cours de ses voyages, Ezio croise pléthore de personnages :

  • Léonard de Vinci : dans le jeu ce sont ses talents d’ingénieurs qui sont mis en avant, aidant Ezio en fabricant des améliorations pour sa lame secrète, entre autres. Dans la vraie vie, il est resté célèbre pour ses chef-d ’œuvres mais on a complètement oublié qu’il fût aussi un inventeur. Spécialiste des codes, de l’optique et de l’anatomie humaine, il inventa le char d’assaut, le sous-marin, le vélo, sans oublier sa machine volante qui apparait dans le jeu.
  • Lorenzo di Medici : l’un des visages de la renaissance italienne ! Illustre membre de la non-moins illustre famille des Medici, Laurent le Magnifique dirigea Florence de 1469 à 1492. Il survécu par miracle à la vraie conjuration des Pazzi (qui a réellement eût lieu), et fît arrêter les traitres. Leur pendaison déplut fortement au pape de l’époque, Sixte IV, et il excommunia Laurent. Le pape décida de mater les florentins pour asseoir son autorité. Il mit en marche l’armée pontificale et ses alliés, mais, au moment où Florence allait tomber, Laurent lui fît une proposition d’accord de paix que le pape ne pût refuser. Et il sauva sa ville. C’est aussi sous son règne que des artistes comme Boticelli (pas le chanteur aveugle, mais le peintre !) et Michel-Ange émergèrent.
  • Bartolomeo d’Alviano : Mercenaire italien célèbre pour avoir sauvé Venise lors de la tentative d’invasion de la Sérénissime par le Saint Empire Romain Germanique.
  • Niccolo Machiavelli : illustre philosophe florentin, symbole de l’esprit de la Renaissance italienne. Auteur du Prince, de l’art de la guerre, son œuvre globale influence toujours nos penseurs et dirigeants actuels. Mais l’interprétation qu’ils en font est fausse car elle laisse à penser que Machiavel était cynique. Mais en révélant le vrai visage du pouvoir, il explique en fait comment remédier à ses maux, tout en étant conscient que notre nature nous poussera toujours vers certaines pratiques. En fait, Machiavel est surtout un républicain pragmatique.
  • Alexandre VI : alias Rodrigo Borgia, alias l’Espagnol. Ennemi d’Ezio, sa vie fût à la hauteur de sa légende. Il est arrivé en Italie grâce à son oncle, le pape Calixte III. Après son doctorat en droit, il enchaîne les postes : archevêque de Valence, puis camerlingue. Au moment du décès de son oncle, il prend patience, et fait élire Sixte IV. Douze ans plus tard il devient prêtre. Menant sa barque, complotant, pendant des années, il finit par devenir pape en 1492. Son pontificat fût marqué par de nombreuses guerres, menées par son fils Cesare, ainsi que des tensions politiques avec les seigneurs de Rome ainsi qu’avec la France. D’un point de vue privé, il collectionna les femmes. On lui attribue au moins dix enfants officiels. Il fût accusé de corruption, de vente de biens religieux, ainsi que de divers crimes : viol et meurtre d’Astorre Manfredi, ainsi que d’autres seigneurs. Pour le mariage de sa fille Lucrecia il organisa un concours dans lequel une cinquantaine d’hommes devaient s’affronter à qui sera le plus vigoureux avec la cinquantaine de danseuses présentes. Mais il finit par mourir, probablement empoisonné, le 17 août 1503.

La minute de madame Histoire

Faisons un petit focus sur l’arrière-plan historique. La Renaissance italienne est une période d’à peu près un siècle. Elle est née à Florence, sous l’influence des Medici, et nombre des artistes de la période sont devenus des références. Citons Machiavel, Michel-Ange, Raphael ou encore Léonard de Vinci. Mais c’est d’abord un mouvement économique. Tout l’Orient devient accessible à l’Europe de l’Ouest, et l’Italie devient donc le passage obligé de tous les commerçants. Et l’ouverture des frontières au commerce favorise automatiquement la propagation des idées. La Renaissance s’étend à l’Europe. La redécouverte de la littérature et de la philosophie devient à la mode. Et c’est au sein de cette Renaissance que naît la première idée moderne d’une Europe en tant qu’union égalitaire de plusieurs pays.

Cet arrière-plan servira aussi de toile de fond à la suite directe d’Assassin’s Creed 2, Brotherhood, qui sera abordée dans le prochain article sur la saga Assassin’s Creed !

Laurent

Musicien, passionné de jeux vidéo et de cinéma fantastique.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.