Test de Red Dead Redemption 2 : l’acte manqué de Rockstar

Red Dead Redemption 2, nouveau mastodonte du studio Rockstar, est sortit fin octobre. Et c’est, en partie, une déception.

Ce test a été réalisé sur PS4 Pro, après avoir complété entièrement le jeu.

Synopsis

En 1899 (soit 12 ans avant les principaux événements de Red Dead Redemption), suite à un braquage qui a mal tourné dans la ville de Blackwater, la bande de Dutch van der Linde est traquée par les agents fédéraux et les chasseurs de primes. Prenant la fuite vers l’est, le gang commet méfaits sur méfaits pour survivre, bien que des querelles internes menacent de le disloquer. Le bras droit de Dutch, Arthur Morgan, est lui aussi tiraillé entre ses propres idéaux et sa loyauté envers la bande qui l’a élevé.

Une démonstration technique

Après un petit peu plus de 8 années de développement, Red Dead Redemption 2 montre à quel point la maîtrise technique est l’une des marques de fabrique des développeurs de chez Rockstar. Malgré (ou grâce à) des périodes de crunch, et surtout grâce au talent des graphistes, Red Dead Redemption 2 est, désormais, le jeu auxquels seront comparés tout les autres open world. Offrant des panorama à couper le souffle, des lumières divines, le jeu rend brillamment hommage à une certaine image de l’Ouest américain popularisée par Hollywood en son temps. Et il m’est souvent arrivé de passer du temps à contempler les paysages. Peu d’autres jeux laissent ce genre d’impression sur cette génération de machines. La direction artistique est, elle aussi, à la hauteur. J’en veux pour preuve le soin apporté à la reconstitution des décors, des vêtements, etc… De ce côté là, rien à dire.

Une animation et un gameplay à deux vitesses

Ici, les choses commencent à se gâter. Autant les chevaux bénéficient d’un soin particulier, autant l’animation des personnages prouve que Rockstar ne peux s’empêcher de retomber dans ses travers. J’ai trouvé Arthur Morgan, lourd, sans énergie. Le système de visée est finalement assez aléatoire, et l’utilisation du Sang-Froid souffre d’une  inertie qui rend cet aspect du gameplay assez décevant. Mais tout ceci est accentué par une recherche de réalisme qui rend les choses rébarbatives. De la récupération du chapeau à chaque fois qu’il tombe, jusqu’à la gestion des discussions entre personnages pendant un trajet à cheval, celle des gunfights pendant une course-poursuite sur lesdits chevaux, la plupart de ces aspects sont gâchés par une animation qui n’a pas de sens, et des combinaisons de touche type « maintenir telle touche pour indiquer au cheval qu’il doit continuer à avancer + maintenir L2 pour parler au personnage avec lequel tu fais le trajet + appuyer sur telle touche pour choisir le sujet de discussion ». A un moment donné il faut choisir : faire un jeu vidéo ou faire un film. Mais les décors sont chouettes.

Un scénario juste bon

Finalement, Arthur Morgan vit son épopée pour, à l’arrivée, nous expliquer pourquoi John Marston fait ce qu’il fait dans le premier Red Dead Redemption. De ce fait, le scénario ne sort jamais des rails sur lesquels il a été placé par Dan Houser. Il faut reconnaître qu’il réserve quelques morceaux de bravoure, très grisants, que la galerie des personnages est intéressante et que les interactions entre eux sont vraiment réussis. Mais, du début à la fin, ils n’évoluent que très peu. Arthur, par exemple, passe son temps à nous raconter sa nostalgie d’un Ouest sauvage non-pervertit par la modernité (comme RDR1 finalement). Plus problématique de mon point de vue, et c’était déjà le cas avec GTA 5, Rockstar a perdu son côté provocateur, la critique de la société ne reste que en surface. Par moment, le scénario est même politiquement correct. Or, Rockstar était, jusqu’à GTA 5, connut pour être un studio qui allait au bout d’un certain engagement. De ce point de vue, pour moi le studio a perdu son mojo, et j’ai du mal à comprendre la vénération presque aveugle de certains journalistes de grands sites. Mais ça  reste cool d’incarner un cow-boy.

Arthur Morgan dans Red Dead Redemption 2
Arthur Morgan, le héros de Red Dead Redemption 2 : la nostalgie en bandoulière.

Mon sentiment

J’insiste sur le fait que ceci n’est qu’un simple avis qui n’engage que moi. J’ai, malgré ce que j’ai dis plus haut, pris du plaisir à jouer à Red Dead Redemption 2. Vraiment. Mais, avec un studio aussi talentueux que Rockstar, on se doit d’être exigeant. Cette année, certains studios nous ont prouvés qu’il est possible de se réinventer (Santa Monica Studio avec God of War 4), de s’améliorer (Quantic Dream avec Detroit), voire d’explorer de nouveaux genre (Insomniac avec Spider-Man). Mais il y a aussi des développeurs qui se sont contentés de se reposer sur leurs lauriers. Malheureusement, je classe Rockstar dans cette catégorie. Il va leur falloir se ré-inventer. Rendez-vous dans 8 ans.

Verdict : seulement un bon jeu.

Laurent

Musicien, passionné de jeux vidéo et de cinéma fantastique.

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